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AU LYCEE
« Les identités remarquables, il faut les remarquer. » « Les inégalités ont fait lessuie-glace. » « Cette inégalité est lourdingue. » « Les heures [de cours] vont tomber comme des mouches. » (à loccasion des ponts du mois de mai) « Il ny a quà larmée quon vous fait distinguer les tours droit et gauche. »
« Je suis bête et méchant. »
« Vous êtes les futurs terroristes et anarchistes mais moi je suis le GIGN de la langue. »
« Vous me pompez les haricots. » « Arrêtez de vous marrer comme des bananes ! » « Vous me gonflez la moule ! » « On a pris une ratatouille ! » (commentant cette fois non pas l'inattention d'une partie des élèves, mais un combat français - probablement - héroïque). Et de conclure : « Cétait la fin des haricots. »
Un camarade au « fonctionnement mental peu commun » (dixit un professeur), mécontent de la tournure prise par un débat philosophique lors du cours, déclara : « Si vous n'êtes pas contents, vous n'avez quà grimper dans un arbre. »
A L'UNIVERSITE
- 1997-1998
« oh le beau cadavre. » (« quae in litore jacebant ») Pour nous aider à écrire notre thème dimitation : « Votre cerveau est un ordinateur alors appuyez sur la bonne touche. » Vous devriez faire « impression sur sauvegarde en permanence » (pour mémoriser ce que notre prof nous enseigne). « Vous êtes en plein délire poétique vous créez. » (car nos traductions ne correspondent en rien au sens du texte latin). Le prof évoque une chronique matutinale qui parle de ses auditeurs sachant auditer : je devine qu'il s'agit de celle de Philippe Meyer sur France Inter. « On pourrait faire un recueil à la fin du cours. » « Vous êtes dans le coma dépassé. » « mon gâtisme » « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert. » « Vous passez pour quelquun de cultivé à peu de frais. » en disant « quousque tandem » au lieu de « jen ai marre » ou dautres expressions plus grossières. Le cours se termine, nous quittons la salle : « Allez en paix mes enfants. » « par le Styx ! » « Vous navez pas assez pris de céréales ce matin ? » « Cest le froid qui doit vous engourdir. » Pour les vacances
d'été, il nous donne des devoirs de vacances à
lui expédier régulièrement au cours de l'été. - 1998-1999
« Oh mais cest lheure ! Je mendormais doucement. » « Vous dormez complètement En plus cest contagieux. Ahhhhhh, je rame ce matin. » « A la limité, cest intraduisible, Virgile. » Au milieu des hexamètres dactyliques : « Jai dautres préoccupations. », « On verra ça une autrefois ça vaut mieux. » « Cest lamentable. » « Excusez-moi pour ces flottements. » « "Sa grande sur" ça fait un peu ridicule » comme traduction. « Il se cogne partout ce pauvre Énée. » « Excusez-moi de profaner ce texte. » Rue Duguesclin (à Lyon) il y a une maison de retraite qui s'appelle les Euménides : « Vous pouvez aller vérifier. » « chevelure vipérine » Notre prof nous apprend ce que sont un in-quarto et un in-folio : « Eh bien vous en apprenez des choses ! » Nous traduisons un passage décrivant Didon : et « cheveux blonds » : « Cest Marylin ! », puis : « Jai tort de traiter par la dérision [ ] excusez-moi. » « Je vais voir si la documentation est débarrassée de présences indésirables. » car « Mme Machin » (une de ses collègues) a refusé de lui laisse faire quelques photocopies. Aux vers 601-602 : « Nous tombons dans le cannibalisme. » « son vieux débris de père » « On voit la vieille trottinant. » « Pauvre Cicéron, ses cendres doivent se retourner dans sa tombe. » Catilina « cest le Saddam Hussein de lépoque aux yeux de Cicéron. » Notre prof nous invite à faire dans un premier temps une lecture personnelle (autrement dit, « in immo pectore ») de la Première catilinaire. Beaucoup de livres de Tite-Live Ab urbe condita ont disparu, « ce qui nous enlève une mine pour les versions latines. » « Enfin ! un peu de culture ! » à propos de Tintin « la fin est proche » Les calendes grecques, comme la Saint-Glinglin, nexiste pas. « Bonjour jeunes gens. » « Ça, cest le quart dheure comique. » car il cherche vainement son stylo. « Bon ça suffit maintenant. » car ça continue à parler après qu'il a trouvé l'objet de sa quête. La boîte de l'effaceur du tableau blanc porte l'appellation « de visu » : « Nous sommes cernés par le latin. » Une plaisanterie récurrente de notre prof de latin : « - Docteur jai des trous de mémoire. - Depuis quand ? - Depuis quand quoi ? » « Ah la la la révolte des objets, cest quelque chose » car leffaceur refuse de sortir de la boîte De Visu. Il lagite. Les copies 4 & 5 sont « dans mes cartons de déménagement. » « Jattends vos questions avec une impatience que je ne cherche pas à dissimuler. » « Je nai pas mon petit vocabulaire individuel et portatif, je ne saurai pas vous dire quelle fréquence. » (car nous devons connaître par cur toutes les significations de termes latins de fréquence 1 à 3) « Bien. Plus de questions ? Une fois, deux fois, trois fois. » « Vous méditerez les propos de Madame de Romilly : sauvez la civilisation contre la barbarie qui lenfante. » « avec un b comme Berthe. » Nous travaillons sur une version et nous traduisons : « Il y en a pour penser que toutes les lois doivent être abolies dans notre cité.» ; notre prof commente : « Ce manuel a été rédigé peu après 68. » « comme disait mon maître boucher, nous avons tous écrit romanibus » « vox clamentis in deserto » dixit en constatant la somnolence intellectuelle de son auditoire. « Zut. » Chaque phrase du thème dimitation est faire par un étudiant désigné au hasard par notre prof, d'où : « On va changer de victime. » « Il faudrait trouver quelque chose de moins lourd, même si nous avons affaire à des bufs. » (à propos d'une traduction) « Alors nous allons retrouver nos bufs enflammés » « Alors am-stram-gram » (pour désigner une victime) « Sauf quelques hurluberlus dans mon genre », personne nemploie lindicatif après « après que », à loral. Cet indicatif-là disparaît « sous vos yeux affligés ». « Jvais finir par me casser la gueule sur ce truc-là. » dit-il en regardant par terre vers le tableau. « Alors expliquez-moi ce " fremitus". » (car les étudiants parlent et produisent un "fremitus".) « Questions ? [aucun étudiant ne réagit, n'ayant pas la moindre interrogation à formuler à la suite de la traduction de notre prof] Vous êtes complètement assommés. » Son prof en quatrième employait l'expression : « sale petit moutard » - 1999-2000
(c'est un autre prof désormais) « Quest-ce quil en sait ? », à propos de Tite-Live (Histoire romaine, livre V, "les Gaulois devant Rome") qui écrit : « Cet autre prodige les arrêta. » Le passé simple, on continue à lutiliser dans la collection Arlequin. Concernant les cris des oies mentionnés par Tite-Live : c'est « chez les parents de ma femme » que j' ai compris lhistoire des oies car « on ne résiste pas » même si « on dort à poings fermés ». « Jai quand même eu deux gosses. » (comment interpréter ce « quand même » ?) Tandis que nous traduisons Saint-Augustin notre prof nous apprend ceci : « Jai un chat depuis peu. » « Nen faites pas, de bébés. » : « Cest insupportable à entendre. », « Faites-en le moins que vous pouvez. » « Jai pénétré plus avant dans le monde orageux » traduit-il : « Cest bien dit, hein ? » « Descartes : coïto ergo sum. Wouaf ! » : « Je suis un peu salace, certes. » « Jespère que cest pas trop morveux » s'interroge-t-il en revenant dans la salle avec un kleenex chiffonné pour effacer le tableau : ce mouchoir usage a été récupéré dans une pièce voisine... « Je suis toujours à moitié patrac » quand il parle, toujours tonnes dhyperbates avant enfin de lire par exemple Que vaut-il mieux avoir dans son lit ? » deux façons de qualifier une traduction : - « une belle infidèle » - ou « une laide fidèle » Réponse : « Ça se discute. » « Plongeons, cest le cas de le dire, Plouf !, comme des grenouilles » (il est question, vous l'aurez compris, de grenouilles dans ce texte) « Vous êtes les derniers gardiens de la langue. » « Vade retro satanas ! » lance-t-il à une étudiante inconnue entrant dans la salle. Il a trente ans de métier. Il commence à traduire et dit : « et là encore jallonge la sauce. »
Lapproche stylistique est différente de lapproche littéraire ; il faut acquérir une méthode : si cest au pied du mur quon voit le maçon, cest aussi « au pied du texte quon voit le stylisticien. » Les enseignements délivrés par notre professeur sont « à graver en lettres de feu dans les circonvolutions du cerveau qui va [nous] servir. » « A quoi sert-ce ? » « Tonton Sigmund » a distingué deux entités : le je et le tu. L'emploi délibéré du subjonctif et ses sonorités peu flatteuses : « que vous consacrassiez quelque temps » « Je nai pas de toit sans toi ni doigt. » « Revenons à notre château » c'est-à-dire : Chateaubriand. « Je dors très peu à cause de mes filles. » « Je naime pas ce sentiment davoir été mauvais. » (pendant son cours) « [ ] tout ça mis dans la marmite dObélix » « That is the question. » « Donc : perruque ! Chapeau quoi ! » « Ce récit cent pur cent pur porc » « On peut jeter un il et garder lautre » « De Saint-Malo aux Malouins ya pas loin. » « Il faut lancer un peu, comme une bouteille à la mer, allez, comme une canette, une canette à la mer, ... » « Le "je narrant" fait des plaisanteries, il devient le "je marrant". » « Jajoute une apostille à ce que je viens de dire, pas des postillons. » « Heureusement personne na été mordu par le mot chien. » « hé hé ! » « Bon, alors. » Voici des sèmes du mot arbre : végétal, concret (par opposition aux sèmes du mot buf). « Je sème à tout vent. » « Bref, vous voyez surgir devant vos yeux ébahis la question du signifié. » « [ ] du papa Château, et non pas du papa gâteau » (il est question ici du « papa » Chateaubriand) « de fil en aiguille, si jose dire » « cataschrèse » prononce notre professeur, pour nous divertir encore, puisque l'on devrait entendre le son [k] et non [sch]. « Cest votre background » à propos de ce que nous apprenons ici. « Donc, jai bien choisi [le texte étudié]. Pfffff, jdis ça pour faire naître un sourire. » En criant : toute comparaison nest pas une figure. Par exemple : Marianne est plus grande que Clémence. Justine est plus désirable que Marcelle. « Est-ce quun baobab ressemble à une baleine ? » « Ce baobab est désirable. » Il y a incongruité sémantique. « Blum. Cest le bruit de la porte. » « Si vous avez un problème concernant les figures vous tapez 3615 SEM. » Où il est question d'allotopie : « allo-topie » dit-il, tandis que le geste de porter un téléphone à son oreille accompagne son propos. Autre exemple d'incongruité sémantique : « les sapins courant dans les forêts » « Yavait pas de moissbate » à l'époque. (moissonneuse-batteuse) « Cest pas de la tarte ces histoires de rimes. » « Bigre. » « Me trompjjjj ? » « Les poubelles ça fermente. » « Le rustique, qui nest pas seulement un fromage, assez bon au demeurant. » « Ma montre est réparée donc je ne vous infligerai plus le réveil. » car à chaque début de cours, notre professeur extirpe de son sac un gros réveil qu'il pose bien en évidence sur son bureau. « lordre ssschronologique » « On a dû dépasser les crédits de lannée. », « Tout est passé à Rambouillet, il faut chauffer Mme Albright, elle est venue chauffer lEurope » « pour être cuisinée à la mode dollar », car la lumière ne fonctionne pas dans la salle. Au sujet de la différence entre être animé et être inanimé : « On parle difficilement de la jeunesse dune escargot. » Nous analysons un texte de Du Bellay dans lequel il est question des « veneurs » c'est-à-dire des chasseurs. Ce sont « les amis de Mme Voynet ». « Heureusement que Dany va arranger ça. » « Cest tout Verlaine la perversion » car le poète a fait une diérèse à « chouette » et pas à « fouette ». À propos des rimes croisées (a-b-a-b) : « On pourrait dire les rimes en cloche. » (ding dong ding dong) « parce que jaime le sens des mots. » « Ah ! » « Jenchaîne sur le Charles. » (Baudelaire bien sûr) « Voulez-vous que je vous dise Il est un peu tordu, Charles. » « Vous n'avez jamais donné » une mèche de cheveux à quelqu'un qui vous aimait bien ? « Je collectionne déjà les cheveux de ma fille à deux ans. » « Jvous dévoile » des aspects de ma vie passée. « Alors ça cest la chierie, si jose dire » car le lundi de Pâques nous fait sauter un cours. « On squatte plus vite que lordinateur ne pense, cest mieux que Lucky Luke. » : les salles libres sont rares, nous nous empressons donc d'investir une salle vide.
Exemple pour illustrer la sixième fonction poétique Jakobson : qu'a bu lâne au lac ? Lâne a bu leau au lac. « Ça fait beaucoup rire les enfants, ils le répètent et ça fait toute la journée. » « Ça nest pas pour me vanter mais il fait diaboliquement chaud. » : cette phrase a fait rire la prof pendant des mois tellement cétait bête. Joli lapsus : « confections » de Rousseau au lieu de « confessions ». « Jai trois scénarios sur ma table de nuit. » Quelques mots sur le discours direct ; exemple : « Elle lui répondit : "Eh bien ! Prenez mon carrosse !" » ; « Cest pas chic, ça ?! » s'exclame la prof. « Cest le trésor des comptines françaises », et la voici chantant La Bonne Aventure. Quelques indices biographiques notés ça et là : « Jai pas de sur non plus. » « Jai une chouette belle-mère. » « Jai des filles. » « Mon aînée a vingt-deux ans. » En 1968 elle avait 18 ans. « Je suis du Tarn. » Nous parlons d'adjectifs et notre prof prend un exemple : une robe olive. Mais choisit un autre adjectif parce que « cest pas beau, olive. » « à force de jouer » dit-elle, car sa règle est tombée. « Cest pas de la tarte de faire des vers. » Parenthèse entre deux cours magistraux : le prof de langue du Moyen-Âge qui a précédé dans cet amphithéâtre la prof de stylistique nous fait coucou en partant... Son manteau bien boutonné, le prof est emmitouflé, une écharpe à carreaux gris et lignes rouges devant la bouche. Il enfile ses gants et tient son béret à la main. « Enfin des gens qui comprennent rien à la mécanique » déclare, soulagée, la prof. Quand on dit « Jai crevé », on ne parle pas de soi, mais de sa voiture évidemment. Notre professeur nous parle de tétramètre et de coupe lyrique : « Si quelquun sest crevé la paillasse pour écrire en vers » cest que pour lui le vers cétait important. « Jai simplement déplacé le tiroir temporel. » « Jvous fais cavaler un peu. » « Tous ces trucs bizarres quon appelle constructions paratactiques. » « Vous nêtes pas trop épuisés ? » après le corrigé d'un devoir. « Je vous enferme, vous ne porterez pas plainte contre moi ? » « Il y a des choses très laides » qu'il faut oser écrire. Mais il y a aussi des poèmes splendides, concède le professeur.
« première note débile » (à propos des notes en bas de page des petites éditions peu onéreuses dont je tairai le nom ici) « lhomme tronc du vingt heures » « Vous me rendez les reliquats si reliquat ya » au sujet des photocopies qui circulent dans l'amphi. « Il faut que je sorte mon réveil. » (vous aurez reconnu quel prof parle ici) « Vous verrez ça à tête reposée, comme disait Louis XVI. » « Vous lirez à tête reposé, je ne dis pas comme qui. » « Dub » c'est Du Bellay. « [ ] de loïl qui est le plus oïl, qui nest pas huile » « Jai limpression de parler dans le vide ! » « Le sujet du jour est la mort. » « Ben sil-vous-plaît moi jme barre jsuis fatigué ffff » « Ffff Y sont fatigants. » « Jai vécu à Arras pendant quinze ans. » « Bon sil-vous-plaît jy vais. » (il a seulement l'intention de débuter son cours et attend que le brouhaha cesse.) « Descartes écarte un certain nombre de choses. » L'un de ses leitmotivs :« étant donné le semestre croupion » (qui nous est donné) « Ya pas besoin dêtre marxiste pour dire ça. » « Cest donc un pragmatique, ce Descartes. » « Donc il sest barré, comme vous le savez » à Amsterdam. « vachtément en avance » Descartes est né à La Haye en France : « Jtrouve ça marrant. » « Il est content Descartes ! » « ce qui permet à Descartes de rentrer dans le chou dun topos » qui est : la pensée est à laise hors des foules. « hè hè ! » Je ne saurais dire à propos de quoi le prof nous explique : « Ça monte par vagues. », « Cest la hhhhhhoule. » « Cest du sport. » « 15 heures 12 jai. » : « On entamerait bien un petit rock déchaîné mais ce nest pas lheure. » « Un mec comme Racine », « il ne sert pas la pince à Aristote à chaque fois quil sort de chez lui. » Chimène, dabord jeune femme très digne et très noble, devient « une jeune fille tout à fait tordue ». On reproche à Corneille le fait que le Cid ne soit pas bienséant, pas raisonnable, qu'il ne réponde pas aux critères de raison et de morale, et qu'il manque dunité dans la confection des personnages : « Pauvre Corbeille, hein. » « Tel Démosthène qui parlait avec un galet dans la bouche », le prof va fermer la porte. « À lautre bout du siècle », « Cest une station que jadore » : « Cest le père Rapin. » « Vous connaissez le père Rapin ? » Le sang cest impur au regard de luniversel : « Lai-je suffisamment bien dit ? » Cela lui semble assez clair mais « cest moi qui mécoute » dit-il. « Boileau ça pouvait pas supporter Montaigne. » « Ya un sens propre. Quel est le plus sale des deux ? » « car un dogme est par nature dogmatique. » Les Modernes ne croient plus aux modèles auxquels croyaient les Grecs : « Nous navons plus les mêmes valeurs comme le diraient certaines rillettes. » « précédentement » « en enfonçant sur les clous essentiels » « Je récapitule en trois minutes vingt cinq la question du classicisme. » « A partir de Descartes, ça sécarte si jose dire. » « A chacun son Descartes, on bat les cartes. » « Naudé, jouons nos dés. » Les lieux communs « passés à la moulinette de lamour-propre » La Rochefoucauld réexamine les vertus. La raison elle-même nest quun outil de lamour-propre, un des satellites de cet amour-propre qui est un soleil noir : « Jaime bien les belles images. » « Et puis vous vous débrouillerez avec cette petite salade. » « la libre circulation des feuilles » dit-il au moment où les photocopies se dispersent dans l'amphi. Le jansénisme est « un truc massif. » « Il me reste une minute vingt sept » ; un paragraphe plus loin : « Jai honte de résumer en deux minutes vingt sept cette » Blaise et ses Pensées : « Je lis à bride abattue. » À propos d'un document photocopié qui circule dans l'amphi : « Jai mis "plus quhardis" mais cest une plaisanterie. » ("plus que hardies" évidemment) « Le Christ a-t-il ri ? Voilà une question. Moi jcrois quil a ri. » Charles Sorel : « Cest du tonton Sigmund avant la lettre. » Logique onirique au début du paragraphe trois : « pinte durine » « Je vais passer à notre ami La Fontaine. » « en bon classique quil nest pas. » Il est beau en ce quil est féminin, ambiguïté sexuelle : « Cest pas David Bowie, mais presque », « en plus jeune ». Il nous faut être attentif « à tout ce que Jeannot raconte. » (C'est de Jean de La Fontaine dont il est question ici.) « Johnny the spring » « Je traduis. » Éloge de la « concupiscence » : « Cest un mot étrange. » « Je tourne la page » « Je reviens à mes moutons, qui ne sont pas des moutons, des bergeries, de lAstrée. » « Quest-ce que ça prône dans les copies. » : « Cest le curé en chaire qui prône. » « Excusez ce flottement, cest à cause de mon absence de ce matin, jai toute une famille malade. » « le paysage littéraire français, le PLF, hé hé !. » « Ma montre est réparée, mais certains ont réclamé le réveil quand même. » « bref. » « écrouelles » « rien que le nom me fait trembler Je frissonne. » « Nous avons réglé son sort à Montesquieu, en deux sets zéro, ça na pas traîné. » Pour lépreuve de patrimoine linguistique « vous devez apprendre à avoir les réflexes de Lucky Luke. » « clichetons » La page 52 devient « B52 ». « Je vais passer à mon ami Diderot. » « Jdis ça parce que je laime bien. » « Moi chsuis tonsuré, mais plus tard. » (plus tard que Diderot donc, qui le fut à treize ans) « Needham » : « il a besoin de jambon. » « Rrrrready. » dit Bob le prof. « Rrrrready. » dit lamphi. « Rrrready. » fait Bob le prof. « Rrready. » fait une fille. « Ready ? » dit Bob, et ajoute : « Il en est raidi de stupéfaction. » « évangélisme athée » « Ça a hâté son évolution vers lévangélisme. » Il y a un atome qui dévie - c'est le clinamen -, on ignore pourquoi : il est « déviant, comme leau ». Il tape un coup sur son bureau. « à tête reposé comme disait Louis XVI. » « la francophonie, qui permet de parler de tout et nimporte quoi » « et non pas le "coûte", comme ils disent tous à la télé. » (coût) « Aujourdhui cest presque un must davoir son ptit Sade dans la Pléiade. » « Y délire un peu, là, le Sade. » « Ca cest le côté noisy. » dit-il en agitant le micro de gauche à droite et en gardant la main sur la bonnette. « Je vais faire un immense saut. » (vers le romantisme) « Moi qui ai monté la garde pendant une année jai pas trouvé ça drôle. » « Il y a le geste, et le son. » « se donner une chair de culture sur un squelette de cours Admirez la métaphore filée. » Il a aujourd'hui fait le cours assis et pas debout comme à laccoutumée.
Nous étudions La prise d'Orange. « Je trouve que ce serait plus chaleureux si on se mettait pas au fond à cause de lhabitude des (grandes) salles de cinéma. » « Remarquez, avec mon grand âge, jy vois mieux de loin que de près. » En nous donnant la bibliographie pour ce semestre : « Il y a un Whos who des personnages des chansons de geste. » Après un rappel du contexte historique de la Prise dOrange : « Pauvre Charles le Chauve » qui a été « On nest pas au cinéma là, daccord. » « A titre perso ça mempêche pas de dormir. » (le bruit que font les étudiants en bavardant) Les chansons de gestes : « cest les films américains de lépoque. » « Je trouve ça plutôt exaltant, et même modeste » pas idée originale, pas droit « Sincèrement, vous êtes bien gentils, mais cest pas marrant. » (bruit toujours) « le cassage de gueule » : de nombreux païens furent massacrés lors de la prise de Gloriette. Le baptême dOrable, le mariage : les festivités durent huit jours ; « On séclate pendant huit jours ! » « grand un en chiffre romain » en annonçant une la première partie de ce cours « le pauvre ! » (quinze jours de geôle pour un des personnages) « le pauvre Guillebert cest le sous-marin ! Il passe partout ! » ; Guillebert est en effet comparé à Vénus sortant de leau. Notre prof nous parle des contours de la laisse et de la structure formelle du genre épique : « Avec un ordinateur, copier-coller, vous faites une chanson de geste en un tournemain. » Au sujet d'un effet stylistique ( absence de parallélisme) : « Il fait pas ça parce quil sest mal levé le matin. » « Bonjour, ça va ? » fait-il à une étudiante qui ouvre la porte et jette un regard dans l'amphi. « Cest pire que les dix commandements. » car les motifs d'écriture foisonnent. « Mes chers amis, je ne fais quune brève apparition », comme les « stars américaines » (il n'est donc pas resté faire son cours ce jour-là ?) « Je vous dirais bien que « les examens de langue de langue du Moyen-Âge et de littérature sont supprimés, mais cest le 1er avril. » « Jvois que les prisons narratives vous font de leffet, vous vous dites : "On en a rien à faire." » Notre prof cite un vers : « Jvous ldis parce que vous me croiriez pas. » « Quest-ce que cest que ce héros épique ? » commente-t-il, car le personnage a question a besoin de laccord de Bertrand, son neveu, avant de prendre une décision : « Cest vous dire si loncle est quand même atteint. » « Nous allons attaquer le marathon final trois heures. » Au sujet de lamour de loin : « les vrais amours sont ceux quon vit dans ses rêves. » Il nous parle de la chanson de la mal-mariée « Si jvous lasse faut mle dire ! » « Vive la poésie ! » dit-il à propos du contraste entre le mari affublé de tous les défauts du monde et l'ami, réel ou virtuel, jeune, beau et courtois. Driss : « Quel rapace ! Il me fait penser à un corbeau ce prof ! » Nous étudions Le roman de Jehan et Blonde de Philippe de Rémy. « püzzle » « Vous nêtes pas tout à fait réveillés. » Un autre prof nous parle de l'adoubement qui se fait en robe de lin blanc : « Moi-même jai un tricot blanc sous ma chemise, cest pas spécialement un symbole. »
Nous étudions Gargantua. « Je ne suis pas Gargantua, jmange pas les étudiants en salade. » Le prof de langue du Moyen-Âge (de l'ancien français) sort avec de grands gestes et un grand sourire : « Au-revoir ! Au-revoir ! » « Je nose pas vous remercier pour votre absolue attention. » « Je narrive pas à comprendre lintention de ces chapitres dans ces chapitres. » Quand vous dormirez six heures « vous aurez limpression que votre vie sera plus longue. » Le chapitre entamé durera « une heure, une heures trente selon mon degré de bavardage » Notre prof disserte sur larmée dans la politique extérieure, il s'interrompt soudainement pour s'exclamer : « La barbe hein ?!! » « Plaît-il ? » Il traite cette fois de la satire des attitudes religieuses puis nous informe : « Vous pouvez être au fond, tout revient » du fait d'un phénomène dacoustique de lamphi. « Je lentends comme si vous me parliez dans loreille. » Il est allé chez le coiffeur. Partie IV : Thélème. « Bon, ça y est ? » (toujours ce brouhaha) « Vous allez tenir de la ruche bientôt. » « mes propos, qui ne sont pas paroles dÉvangile » « Vous pouvez faire un condensé. » dit-il à l'attention des étudiants trop soucieux de prendre note de chacun des mots du prof. « Concluons. » : Thélème est une « grosse boursouflure dans le roman rabelaisien. » « Non, mais vous arrêtez ! » « Ras le bol ! » « grand trois fait suite au grand deux » « Elle est cachée derrière la porte. » (de qui parle-t-on ?) « Jvous souhaite de bonnes fêtes de Noël. » « Cest dune originalité incontestable », mon plan, avoue-t-il. En nous parlant du rire ludique, qui est une forme divresse bacchique : « Et pas bac chiche. » « bref, grand A, revenons à nos moutons de Panurge. » « Nai-je pas été assez ferme ? Un doute magresse. » « Entre deux chocolats vous voyez ce quil vous reste à faire. » (apprendre des citations par coeur pour illustrer nos dissertations) « Je vous souhaite bon courage. » « Jvous ferais bien comme mon collègue ... mais jai pas la casquette. » (il veut parler du béret du prof de langue de Moyen-Âge mentionné plus haut) La « vérité générale du jour » : les gens constipés sont tristes. Nous étudions les Regrets de Joachim du Bellay. Partie III : Le manifeste poétique « Oui il ny as pas de sous-partie aujourdhui, cest comme ça », « il faut introduire des variantes. » Le prof commence à parler de l'esthétique du sonnet dans les Regrets : « Dhabitude à cette heure-là vous n'êtes pas réveillés. » « grante A » « comme les ptits enfants » : « même à huit heures du matin » la neige « délie les langues. » (car elle tombe depuis quelques minutes) « Par respect pour les textes poétiques [ ] vous vous taisez. » « Il y a une résonance très forte dans cette salle. » : « ça mrevient tout. »
« Voilà. Je vous souhaite une bonne semaine. » Pendant que nous abordons la dramaturgie de Corneille, notre prof entreprend de faire une parenthèse agrémentée de ce conseil : « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide. » Pour parler de la struture du Cid, notre prof cite le vers 56 : « sombres pressentiments » et commente : « Cest ce que disait Amélie Moresmo avant son dernier match. » « Racine [ ] neveu de Rameau ». Nen prenez pas « ombrage » (de ce cours « touffu ») Un téléphone portable se met à sonner, interrompant le cours magistral : « Tiens cest la première fois que ça marrive », « Cest le 8 février. », « Cest la sainte Jacqueline », « Je fêterai cela tous les ans. » « Que la honte sabatte sur les porteurs de portables insupportables. » C'est un roman de la vengeance, c'est une histoire de vendetta, dixit Mérimée : « Vous voyez, ça se corse. » « Il épargne beaucoup, Don Sanche, il doit avoir un livret jeune. » Le roi a une mission pacifique : comme on est à Lyon on dira « irénique » « parce que Sainte-Irénée [la paix] de Lyon ». Voici la dernière phrase de la préface de Bérénice : « La principale règle est de plaire et de toucher. » : à appliquer à la lettre quand vous voulez draguer. La nécessité du plaisir cest la finalité première de lart dans lesthétique classique : « comme je suis le gardien de la vertu et de la morale nous ne lappliquerons quà la dramaturgie. » « Mourir à petit feu cest poignant. » (évoquant Didon morte sur un bûcher et qui se poignarde) Cléopâtre a dû se suicider : « et pourtant quel beau nez, ce qui prouve que la bataille dActium était une bataille nasale. » Titus fuit Bérénice, il lévite : « enfin, « l » apostrophe, ce nest pas un moine tibétain. Jai lu dans Tintin au Tibet que les moines lévitaient.» Vous aussi vous avez lu ? Abraham place un bélier à la place dIsaac : « Et cest le début des ennuis avec la SPA. » « Sil passe à Salamanque, ça lui manque. » « Iphigénie en Tauride mais lhiver » « Cest facile Cest Thésée Cest facile à voir » « implacable pas comme léquipe de France de Rugby » « vers 406 » dixit au lieu de « 436 » : « 406 406 Cest parce que je suis sponsorisé » et que ça memporte à chaque fois que je le prononce. » « Thésée-vous. » « Je vais jeter lencre. » (car le prof na plus dencre dans son stylo et il le jette) Lionel Acher, auteur de Jean Racine, Phèdre, paru aux PUF : « livre menu dailleurs ».
Littérature du XVIIIème siècle Nous étudions La double inconstance de Marivaux. « Je vous souhaite la bienvenue pour un semestre dans les XVIIIème siècle. » « une curieuse couverture qui évoque un peu Bill Clinton et sa stagiaire, cest le Sylvia Gate. » Le prof a choisi une édition autre que le Livre de Poche : « Comme ça, si ma femme tombe sur mon édition, elle ne dira rien. » Dans la pièce le ravisseur est ravissant : « On voit une espèce de Léonardo » « Cest un prince cest un dieu. » La coquetterie est fondée sur un code. On recherche la blancheur. Les mouches font ressortir la blancheur... « Jallais dire une horreur. » « cet admirable jeu de mots, jai mis les vacances pour le trouver, jespère quil vous plaît : Flaminia réfléchit, Lisette se réfléchit. » Lisette se raccroche à sa mouche, la mouche colle à la peau de Lisette. « nouveau jeu de mots magnifique » « Cest grandiose. » Eugénie de Franval, 1788 : « Cest bien sûr Eugénie grandit. » Du « marivaudage hard ». « Je ne suis pas mécontent de mon h aspiré. » « Alors que aspirer le h ce nest pas quelque chose que je vous conseille. » Nous étudions Les Liaisons dangereuses. Au sujet de la lettre 47 dans laquelle est évoqué le corps dÉmilie et sa partie postérieure : c'est un « roman plein de rebondissements ». « Il y a des jours on se sent alpiniste de lâme. » Notre prof qualifie son auditoire de « bel au bois dormant ». Tandis qu'une autre prof évoque lécriture du moi dans les rêveries de Jean-Jacques Rousseau et parle de « lautre comme sujet », elle s'interrompt pour nous faire part de son agacement : toujours à la même heure, dehors, quelquun se poste derrière la vitre et observe la prof dans lamphi : « Cest pénible » dit-elle. « Elle a un fan. » dit une voisine. « Elle se sent persécutée, comme Rousseau. » ajoute un voisin. Le prof de travaux dirigés, tel Rousseau, explique l'extrait que nous avons sous les yeux et déclare : « je suis une île. » « non pas une île flottante » « Je me tiens là parce quil y a le chauffage. »
Nous étudions Le roi se meurt. « grouillère » pour « gruyère » « ces différents pouvoirs, qui ont été multiples, divers. » On ne remarque plus dans notre société « sauf les poètes, sauf les artistes » le moindre petit détail peut receler d « étrangeté », de « richesse ». « Je suis sûre que cest un écrivain quon va oublier très vite. » Le sens vient demblée, avant quon voit comment cest fichu. On fait de la paraphrase, ce qui prouve que ce nest pas bon. L'assistance est composée de nombreux étudiants étrangers ; notre prof s'adresse à eux en leur disant : « Observez les petites filles lyonnaises ». Ce sont des petits enfants modèles. Elles portent une petite veste bleue, une petite jupe bleue, des chaussures très hautes blanches et des souliers noirs ; on les voit le dimanche matin à la sortie de l'église. Ce sont les mêmes vêtements que les mères, mais les mères dil y a quarante ans ; il ny aurait jamais ça à Paris. « Cest 1860. » « qui dure jusquà lan 2000. » Et : « Cest très amusant de voir la province française en action à certains moments. » Les impôts : « On sest habitué à cette barbarie. » « Jai jamais compris pourquoi, mais les français mangent des pissenlits. » « jen ai gardé un certain souvenir », dit-il à propos du jour où on lui a coupé les végétations de la gorge sans anesthésie. Nous étudions La traversée : « Je ne veux pas que le cours soit triste. » « Il y avait une belle chanson : jai la rate qui se dilate, jai le foie » « Les Romains étaient des sortes de chats antiques » car ils avaient peur de leau. « Jai pas dorange, il me reste une banane. » ,« Je ne sais pas ce que jaurai la semaine prochaine. » Il avait un collègue médecin qui avait eu des attaques, il avait tapissé son salon de toutes les photos de son cur malade : c'était une « pièce magnifique », son salon. Il était directeur dhôpital et disait « Me voilà à tel âge, tel moment après telle opération » : « Cet homme rayonnait de joie, si vous voulez. » « Plus personne ne mange de banane ni dorange je suis perdu. » « Jai trouvé ça chez mon coiffeur ya un certain temps. » : il existe des agences de voyage pour se faire tuer qui répertorie les endroits où on a des risques de mourir. Lenterrement de son grand-père quand il était gosse, ça lavait beaucoup amusé, cétait une grande fête, il était dans le salon avec plein de monde. Nous étudions Les travailleurs de la mer. « Hugo a lhabitude de se ridiculiser. » « Lavenir verra » « Alors là Hugo délire » « On pourrait faire un très beau film Walt Disney sur la méduse.» « Hugo na jamais eu bon goût [ ] cest son problème. » Une « caverne-dortoir » : endroit où il y a des gens qui parlent, « Cest là la définition de luniversité. » Traiter un sujet et pendant « deux heures rester assis ça fait un peu le singe qui reste dans sa cage ». Cest le seul pays dEurope où on rencontre des étudiants » comme ici qui parlent en cours. « Je vous demande de sortir » dit-il à une fille qui parle « depuis des heures » « DEMISSION ! » martèlent des voix dehors, puis des klaxons prennent le relais, ce qui suscite cette phrase de notre professeur qui commente la démesure de la mer dans le roman : « La tempête est dehors aussi. » Hugo est « un auteur qui me fait beaucoup rire. »
De vous voir « prendre vos notes sans broncher », « cest assez impressionnant. » « Jai rendez-vous avec ma grand-mère » murmure un étudiant quand le prof nous demande si cela ne nous contrarie pas que le cours se poursuive jusquà 16 heures 30. Concernant lanalyse du problème du design : « Enfonçons des portes ouvertes, ça fait moins mal. »
Pour nous expliquer le sens d'un mot, notre professeur utilise une image modianesque : « une petite gare de province vers trois heures du matin » : « cest gloom ». Il est philatéliste et a baptisé son labrador Liberto.
Entre autres : « aucun zeffort » et « récurrence fréquente ». |