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Ombre
Guillaume
Apollinaire (1880-1918)
Vous voilà
de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L'olive du temps
Souvenirs qui n'en faites plus qu'un
Comme cent fourrures ne font qu'un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu'un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l'affût pendant l'éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m'entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je
chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m'aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Ecriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s'humilie
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L'arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme
ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières,
les feuilles.
Il y a de la place au soleil pour tout le monde, surtout quand
tout le monde veut rester à l'ombre.
Jules Renard
Extraits de son Journal (1893 - 1898)
Triste fleur
qui croît seule et n'a pas d'autre émoi
Que son ombre dans l'eau vue avec atonie.
Stéphane Mallarmé
Extrait dHérodiade
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