SALON DE LECTURE



À
LA MAISON RONDE


 

ANNEXE 4 : HUGO A GUERNESEY


LES RAISONS DE L’INSTALLATION A GUERNESEY (1855)

15 octobre A la suite de l’insertion dans L’Homme d’une lettre assez inconvenante de Félix Pyat sur le voyage de la reine Victoria en France, Charles Ribeyrolles, rédacteur en chef, le colonel Pianciani et Thomas sont sommés de quitter l’île de Jersey dans les six jours.
17 octobre Publication et affichage d’une protestation contre cette expulsion, signée de Victor Hugo et de trente-cinq autres proscrits.
27 octobre En riposte, le gouverneur de Jersey fait enjoidre à Victor Hugo de quitter l’île avant le 2 novembre.

LA VIE A JERSEY

1855

31 octobre Embarqué à Jersey à sept heures et quart du matin, Hugo débarque à Guernesey à dix heures ; il loge — avec sa famille — à l’hôtel de l’Europe.
11 novembre Installation au numéro vingt de la rue Hauteville (maison louée pour un an)

1856

16 mai Acquisition, grâce à l’argent rapporté par Les Contemplations (recueil publié le 23 avril), d’une grande maison sise au numéro trente-huit de la rue Hauteville : Hauteville-House.
17 octobre Installation à Hauteville-House. L’aménagement de cette maison (travaux, décoration, ameublement) durent plusieurs années, et Hugo, « né pour être décorateur », y prend la plus grande part, de 1856 à 1859.



Jusqu’en 1861, Hugo vit exclusivement à Guernesey (en juin 1860, il passe quatre jors à Jersey pour participer aux manifestations en faveur de Garibaldi et de l’Expédition des Mille. Il prononce un discours au banquet).

A partir de mars 1861, Hugo s’absente régulièrement plusieurs mois de Guernesey :

- du 25 mars 1861 au 3 septembre 1861 : voyage en Belgique

- du 28 juillet 1862 au 26 septembre 1861 : voyage à Bruxelles

- du 16 août 1863 au 7 octobre1863 : Londres, Belgique, Luxembourg, bords du Rhin, Mayence, Sarrebruck, Vianden et Clairvaux

- du 15 août 1864 au 26 octobre 1864 : Bruxelles, Luxembourg, bords du Rhin, Bacharach, voyage en Belgique

- du 28 juin 1865 au 5 novembre 1865 : séjour à Bruxelles auprès de sa femme et de ses deux fils ; voyage à Spa, Aix-la-Chapelle, Cologne, Mayence, Baden, Trèves, Vianden

- du 20 juin 1866 au 9 octobre 1866 : Bruxelles

- du 17 juillet 1867 au 14 octobre 1867 : Bruxelles, voyage en Zélande, Chaudfontaine, petite station balnéaire près de Liège d’où il excursionne.

- du 27 juillet 1868 au 9 octobre 1868 : Bruxelles

- du 4 août 1869 au 5 novembre 1869 : Bruxelles, Lausanne, Bruxelles

- du 15 août 1870 au 10 août 1872 : Bruxelles, Paris, Bruxelles, Luxembourg, Vianden, Paris

- du 30 juillet 1873 au 19 avril 1875 : Paris

- du 19 au 27 avril 1875, Hugo va chercher les manuscrits déposés à la Banque de Guernesey.

- 1876 (30 janvier) : élu sénateur de Paris

L’ŒUVRE PLASTIQUE DE HUGO A GUERNESEY



Cf. dépliant de l’exposition de dessins de Victor Hugo intitulée « Du chaos dans le pinceau… » qui se tient du 12 octobre 2000 au 7 janvier 2001 à la Maison de Victor Hugo dans le quatrième arrondissement de Paris.

Une carte de visite datant de 1855 porte la mention manuscrite « Guernesey – 1er janvier 1856 ».

LA PRODUCTION LITTÉRAIRE



Les Travailleurs de la Mer


Prise de notes pour un « roman futur » Gilliatt (Les Travailleurs de la Mer) pendant son séjour dans l’île de Serk (du 26 mai 1859 au 10 juin 1859)

Rédaction du 4 juin 1864 au 29 avril 1865

Hugo s’absente de Guernesey mais c’est là qu’est entièrement écrit le livre Les Travailleurs de la Mer.





Les Misérables


1860 : lecture du manuscrit

1860 (30 décembre) : Hugo reprend la rédaction au point où il l’avait abandonnée, le 14 février 1848, et commence à écrire le chapitre « Buvard, bavard » (IV, XV, I).

1861 (5 décembre) : Hugo rend le manuscrit de la première partie des Misérables ; parution en 1862.

1862 (14 juin) : correction de la dernière feuille d’épreuves

1862 (30 juin) : publication des quatrième et cinquième parties des Misérables.

Poème « La Voix de Guernesey »

Poème à la gloire de Garibaldi et achevé le 19 novembre 1867.

11 juin 1860 : à la tête des Mille, Garibaldi débarque à Marsala, en Sicile.

20 août 1860 : Garibaldi franchit le détroit de Messine.



Les Chansons des Rues et des Bois

Lors de son séjour dans l’île de Serk (1859), son inspiration se tourne vers la fantaisie : l’été sera celui des Chansons des Rues et des Bois. Publication en 1865 (25 octobre)

1857

Il achève, le 25 décembre, le grand poème de La Révolution, qui formera Le Livre épique des Quatre Vents de l’Esprit.

1859

Il termine Le Satyre le 17 mars. Ce poème formera le texte central de La Légende des Siècles (publication du recueil le 26 septembre 1859).

1862

Les longs poèmes des Sept Merveilles du Monde et de L’Épopée du Ver (La Légende des Siècles, deuxième partie) sont achevés le 31 décembre.

A Guernesey, Hugo élargit son contact avec une nature plus sauvage, écrit debout devant l’océan dans le « look-out » au sommet de Hauteville-House.


Août 1872-juillet 1873

Hugo, mécontent de l’orientation réactionnaire de la politique française, séjourne à Guernesey où il écrit le poème « Écrit en Exil » (La Légende des Siècles).

Petites Épopées est le premier titre de La Légende des Siècles (titre définitif arrêté en 1859).

L’ŒUVRE POLITIQUE



Depuis août 1872 jusqu’à juillet 1873, Hugo se trouve à Guernesey.

Écrivant Quatrevingt-treize, qu’il préparait depuis longtemps, il réfléchit encore sur la Commune de 1871 à travers un roman de la Terreur, et tente de répondre aux questions laissées ouvertes par les Actes et Paroles de 1872.

Actes et Paroles

I……. l’exil de France

II…… l’exil* de Jersey

III….. l’exil* de Belgique

II (l’exil de Jersey) « pendant l’exil 1852-1870 » :

26 mai 1856 « A l’Italie »

Mazzini demande à Hugo « un mot pour l’Italie. Elle penche en ce moment du côté des rois. Avertissez-la et redressez-la. »

25 août 1856 « La Grèce »

C’est une sorte de glorification de ce pays.

2 décembre 1859, John Brown, « Aux États-Unis d’Amérique »

Texte en faveur de John Brown ; « ce combattant du Christ » a voulu affranchir les esclaves des États du Sud. John Brown fut pendu. Cet homme mort, la prophétie de Victor Hugo se réalisa : deux ans après la prédiction annoncée dans cette lettre, l’Union américaine « se disloqua ». La guerre entre les Sudistes et les Nordistes éclata**.

18 juin 1860, retour à Jersey. Page 517, paragraphe sur Garibaldi : « un homme dans toute l’acception sublime du mot […] ». Une vaste souscription s’organise en Angleterre pour aider Garibaldi. Jersey pense que la parole de Hugo peut donner l’élan à cette souscription.

25 novembre 1861, l’expédition de Chine : Hugo n’y est guère favorable.

En 1861, Hugo commence ses voyages, et ses longues absences de Guernesey.

21 janvier 1862, les condamnés de Charleroi

Plusieurs journaux belges attribuent à Victor Hugo des vers adressés au roi des Belges pour demander la grâce de neuf condamnés à mort de Charleroi. Hugo répond par une lettre, publiée dans les journaux anglais et belges. Sept hommes sur les neuf sont sauvés.

Hugo organise des repas hebdomadaires pour les enfants pauvres (lettre du 5 octobre 1862 à l’éditeur Castel).

Novembre 1862, deux lettres concernant Genève et le peine de mort.

Fin 1862, Genève reçoit sa constitution. Se pose la question de la peine de mort. Un certain M. Bost fait appel au « génie », à Hugo. La première lettre de Hugo arrive trop tard : le projet de constitution maintient la peine de mort (lors de la délibération du comité constituant). Mais le peuple lit la deuxième lettre de Hugo, qui est publiée ; le peuple rejette le projet de constitution.

18 novembre 1863, lettre à Garibaldi

« Il vous faut le million de bras, le million de cœurs, le million d’âmes. Il vous faut la grande levée des peuples. Elle viendra. »

19 mars 1866, lettre sur la liberté (la liberté versus l’exil)


* Le mot vrai est « expulsion », dit Hugo.

** Victor Hugo avait, à propos de John Brown, prédit la guerre civile à l’Amérique, et, à propos de Garibaldi, prédit l’unité à l’Italie. Ces deux prédiction se réalisèrent.