SALON DE LECTURE
   



À
LA MAISON RONDE



III. FERMONS LA BOUCLE


Voici enfin le bilan - foisonnant - des apports de ces trois mois passés à Radio France.

S’il faut reconnaître que l’observation du montage d’une émission peut paraître, au terme de nombreuses heures, quelque peu rébarbative, l’expérience globale à Radio France n’en demeure pas moins très bénéfique.

D’abord parce que j’ai atteint mon objectif personnel, celui de découvrir les coulisses de la fabrication d’une émission de radio. Et ensuite parce que les personnes côtoyées pendant ces quelques mois se sont montrées accueillantes et ouvertes, ce qui a créé de bonnes conditions pour m’intégrer dans les équipes. L’enrichissement fut culturel et humain ; je pense aux rencontres avec des gens issus d’horizons très divers, tels les lettres, le sport, la musique, la géographie… Citons aussi parmi eux des journalistes de la presse écrite ou télévisuelle, des comédiens, et même le Prix Nobel de Littérature 2001, Gao Xingjian.
J’ai aussi acquis, me semble-t-il, un jugement critique plus solide quant au déroulement d’une émission et à l’agencement des idées. Pouvait-il en être autrement, au contact de personnes exerçant leur métier avec une minutie visant la perfection ?
Le travail que j’ai accompli sur l’exil de Victor Hugo à Guernesey comprenait une recherche documentaire ainsi qu’une sélection de vers et de quelques lignes de prose hugolienne. En effectuant moi-même ces choix préparatoires, j’ai pu comprendre la notion de format imparti à une émission de la façon la plus concrète qui soit. Les textes doivent être brefs, afin de respecter l’équilibre entre les différentes composantes de l’émission (reportage, narration du conteur et musiques). Ce travail, et les recherches musicales que j’ai effectuées, m’ont donc offert la possibilité de participer à l’élaboration d’une émission en apportant ma contribution personnelle.

L’apprentissage du montage m’a permis d’acquérir une technique, mais il a aussi été l’occasion d’exercer et de développer mon esprit de synthèse, ce qui me sera, j’imagine, toujours utile. Les conseils personnalisés dont j’ai bénéficié ont favorisé mes progrès.

De plus, cette expérience à Radio France m’a permis d’acquérir une plus grande assurance.

Ce stage de trois mois m'a offert la possibilité de poursuive cette expérience à Radio France en continuant à fournir le travail de recherche documentaire pour Louis Bozon jusqu’au mois de mai prochain ; en juin, je suivrai l’élaboration d’une fiction dramatique sur France Culture.

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Cette expérience à Radio France m’a donc comblée. Mes attentes ont été pleinement satisfaites, et les rencontres, prévues ou fortuites, ont été aussi multiples qu’enrichissantes.

Ce stage a contribué à affiner mon projet professionnel, même s’il semble toutefois exister autant de métiers que d’émissions. C’est le travail fourni en amont de la phase finale du mixage qui m’attire particulièrement. Chacune des émissions nécessite un véritable « travail d’artisan », expliquait Michel Abgrall, Chef du Service des Personnels de Production, à Camille Boudin dans le magazine Spe@ker de Radio France, en ligne sur le site Internet. Créer des objets radiophoniques que l’on cisèle, voilà ce qui suscite chez moi un enthousiasme sans faille.