SALON DE LECTURE



À
LA MAISON RONDE



« A l’ouverture de la boîte, je trouvai dedans

un je ne sais quoi presque semblable à nos horloges,

plein de je ne sais quels petits ressorts et de machines imperceptibles.

C’est un livre, à la vérité, mais un livre miraculeux

Qui n’a ni feuillets ni caractères ;

enfin, c’est un livre où pour apprendre, les yeux sont inutiles ;

on n’a besoin que des oreilles.

Quand quelqu’un donc souhaite lire,

Il bande avec une grande quantité de toutes sortes

De petits nerfs cette machine,

Puis il tourne l’aiguille sur le chapitre qu’il désire écouter,

Et au même temps il en sort comme de la bouche d’un homme,

Ou d’un instrument de musique tous les sons distincts

Et différents qui servent, entre les grands lunaires,

A l’expression du langage. »

Cyrano de Bergerac

L’Histoire comique des États et Empires de la Lune, 1657

 

***

Un « livre miraculeux »… voilà une belle image, telle une prophétie de l’avènement de la radiodiffusion.

Ce média m’enthousiasme en effet, et à plus d’un titre. D’une part, la radio s’écoute en tout lieu, du fait de la grande mobilité de ses moyens de réceptions (transistor, baladeur, autoradio, téléphone portable ou Internet). D’autre part, elle fonctionne sans discontinuité, chaque jour et chaque nuit : elle est à portée de main à tout instant. La radio est une compagnie de chaque instant, et elle s’immisce dans notre quotidien, au point d’occuper une place prépondérante lorsqu’une émission devient un rendez-vous impératif. Le hasard et la surprise constituent d’autres ressorts essentiels du plaisir de l’auditeur. S’attend-t-on seulement à voyager aussi loin par la seule grâce des ondes ?

La radio exerce sur moi une véritable fascination, et c’est bien la qualité et la diversité des programmes de Radio France qui en faisaient l’objet de ma convoitise. Ce sont bien France Culture et France Inter, les deux chaînes sur lesquelles j’ai effectué mon stage, qui ont su et savent m’enrichir, me divertir et m’émouvoir — l’écoute de certaines émissions requiert d’ailleurs une attitude physique particulière, celle du recueillement, afin de se laisser imprégner au plus profond de soi par les voix des ondes… Mais le charme de la radio réside surtout dans l’exercice de l’esprit qu’elle suscite. La radio éveille l’imaginaire. Tandis que la télévision nous impose des images, les ondes radiophoniques distillent des photographies sonores qu’il revient à l’auditeur d’enrichir de décors visuels. Michel Tournier décrit « l’immense privilège » de la radio : celui « de s’adresser aux yeux de l’âme et non à ceux du corps ». L’absence de visage et de regard ne confèrent ainsi aux voix que plus de mystère.


J’organiserai ce rapport en trois sections. Une première partie présentera le groupe Radio France et son fonctionnement. Je rendrai compte de mon activité au sein de l’entreprise dans une deuxième partie. La dernière rassemblera mes réflexions sur le bilan de ce stage.


Sans plus tarder, rendons-nous à présent dans les coulisses de Radio France…