BRIC-À-BRAC

«
Carte de slip » : il s'agit de l'expression qu''un camarade,
un vendredi
soir aux (((O))ndes, a cru m'entendre prononcer. De cette curieuse
association de mots, un autre membre de notre petit groupe de fin d'enregistrement
(les
coulisses) m'a suggéré d'en écrire quelquechose.
C'est ce à quoi je me suis employée.
Au
menu, trois cartes de slip hypothétiques
(le meilleur pour la fin, bien entendu)
| De
façon plus prosaïque - mais pas triviale - pour Venceslas,
c'est un morceau de papier cartonné qui accompagnait le sous-vêtement
de couleur mauve que lui a offert Simon. Les termes de l'inscription
manuscrite marquèrent Venceslas si fortement qu'il évoque
le tournant que sa vie a pris ce jour-là par une seule expression
: « Carte de slip »
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Vous
courez depuis 50 minutes mais là, c'en est trop, votre petit-déjeuner
s'agite décidément trop dangereusement dans votre
estomac, vous renoncez à cette lutte digestive et abandonnez
le footing pour la marche. Vous n'avez pas encore repris votre souffle
qu'un couple de touristes égarés, ne se souciant nullement
de la couleur écrevisse de votre bouille et la considérant
certainement comme habituelle
, interrompt votre exercice respiratoire
post-course à pied.
Votre crâne en sueur ne facilite pas les connexions inter
neuronales. Vous êtes peu prompte à l'élucidation
du problème posé par ces touristes. Ainsi, l'anglo-français
que tous deux pratiquent vous laisse dubitatif. Il est question
d'une carte de slip. Vous ne comprenez rien.
48 minutes plus tard, vous sortez de la douche, le crâne -
et ce qu'il abrite - rafraîchi. Et vous comprenez enfin l'objet
de la quête du couple : il ne s'agissait pas d'une mystérieuse
carte de slip, digne des cartes aux trésors d'antan, non
! Cet homme et cette femme, naturellement, they were looking for
une carte répertoriant les hôtels de la ville. They
just wanted to
sleep. |
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Carte
de slip, ce pourrait être celle de Barnabé, 67 ans,
177 cm, cheveux gris et très abondants. Tellement volumineux
qu'ils dissimulent partiellement le regard de Barnabé.
Chaque dimanche, Barnabé quitte son 20 m2 - celui qu'il habite
depuis quatre décennies rue Irénée Blanc, métro
Porte de Bagnolet - au même instant fatidique. Dès
que l'animateur radio annonce la prise d'antenne du chroniqueur
Alain B
, Barnabé coupe le transistor et s'en va promener
ses yeux clairs et vifs dans les boyaux du métropolitain.
Le phrasé du chroniqueur Alain B
incommode Barnabé
au plus haut point. Alors Barnabé s'enfuit sous terre.
D'où lui vient cette manie dominicale qui consiste, de surcroît,
à suivre strictement le même itinéraire farfelu
chaque dimanche ?
Pourquoi s'installe-t-il, 17 minutes durant, dans un siège
face aux voies, à La Motte-Picquet-Grenelle puis à
Invalides, un volume de la Pléiade dans la main gauche en
guise d'alibi ?
Barnabé n'a parlé de cette tocade qu'à deux
personnes. Ne sachant quels termes utiliser pour désigner
cette balade en sous-sol, il a opté finalement pour l'expression
" carte de slip " : |
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STALINGRAD
LA MOTTE PICQUET GRENELLE
INVALIDES
PARMENTIER
Mais il est temps de rendre son intimité à Barnabé.
Ce qu'il fabrique, à l'issue de son pèlerinage,
quand il sort de la rame desservant l'arrêt Parmentier,
ainsi que les motifs de ses arrêts étranges aux deux
stations intermédiaires, ne nous regarde pas.
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Et aussi :
...la
carte de slip de G.
...la
photo
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