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Durant l'hiver 2003-2004, je suis rentrée de l'une de mes excursions nocturnes dans un lieu peu autorisé avec une quinzaine de romans plein les bras et les poches (et pas seulement...). Ces livres, d'une valeur moyenne de quinze euros chacun, étaient destinés au pilon. Ce soir-là, je leur sauvai donc la vie. Ces bouquins sont ainsi venus compléter chez moi une pile d'ouvrages déjà conséquente. Or, pour ce qui est des romans recueillis et que j'ai déjà lus, rares sont ceux qui m'ont profondément touchée. La seule valeur personnelle que j'attache à ces livres - et elle est capitale - est l'endroit où je les ai trouvés. Alors que faire ? Le « bookcrossing » me paraît être une issue honorable pour ces quelques livres au parcours déjà peu commun... Nota-bene :
je n'appliquerai jamais une telle démarche aux livres qui m'ont
été offerts ou que j'ai choisis.
Tentative d'abandon d'un livre Il n'est pas si simple d'abandonner un livre n'importe où. Dans un café, deux alternatives se présentent : camoufler le livre suffisamment habilement sous la table, ou bien quitter les lieux au plus vite avant que l'on ait le temps de vous lancer : « Mademoiselle, vous avez oublié quelquechose ! »...
Voici quelques lieux susceptibles d'accueillir ces livres que j'ai décidé de confier aux bons hasards de la vie. J'étais déjà partie en repérage mais certains endroits propices au Voici l'ouvrage qui inaugure ma série de « bouquins voyageurs » : je l'ai laissé tel que vous le voyez ici, sur un chemin menant au Sacré-Coeur, le 22 mai 2004. C'est à Saint-Malo que j'ai déposé les deux romans suivants : l'un le 30 mai, l'autre le 2 juin. Et j'ai eu un retour de la part de la personne ayant ramassé ce livre... Voilà longtemps que j'en rêvais, je l'ai fait le 26 juin 2004 : sévir dans le TGV. La preuve avec Ces étoiles qui brûlent en moi. Le 30 juillet 2004, j'ai abandonné un roman dans un transat à Paris Plage, puis un autre sur un petit banc à l'intérieur d'une des cabanes construites spécialement pour l'exposition qui se tenait au parc de Bagatelle. C'est ensuite en Charente-Maritime que j'ai libéré d'autres ouvrages : le 5 septembre 2004 sur l'île d'Aix et le 10 septembre dans le TER - flambant neuf - numéro 64359 effectuant la liaison entre Saintes et Royan. Le jeudi 15 septembre 2005, un ami lyonnais a enfin bookcrossé un livre que je lui avais confié dans ce but. Lieu choisi : « la table d'un café branché juif du 2e à 18 heures 45 ».
Des suggestions, des remarques ?
Décembre 2005.
En quittant la station Saint-Michel via les couloirs de la ligne 4,
je découvre trois livres abandonnés par terre. Bookcrossing
ou pas ? Je laisse en place ces trois bouquins, troublée de
retrouver parmi eux un des titres de cette collection de poches qui a
fait les beaux jours de ma jeunesse littéraire, Une vie en Sibérie
chez Castor Poche. Pourquoi ces trois livres, ici, ce jour-là ?...
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